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Piwik, Cookies et la loi européene

La loi européene en vigueur, impose aux sites web de prévenir le visiteur de l’utilisation de cookies dès que celui-ci n’est pas indispensable au fonctionnement du site. Entendez par là, que la technique peut être utilisée pour valider l’authentification de l’internaute, mais pas pour le traquer et faire des statistiques sur son parcours sur le site.

De fait, demander l’accord pour les cookies rend de facto impossible de les utiliser pour faire des statistiques (google analytics compris). Personne, comprenant ce qu’on lui demande, ne va accepter d’être espionné de la sorte.

La solution proposée par le logiciel libre piwik est la suivante : il propose une fonction javascript à ajouter dans le « tracker » pour désactiver le cookie :

piwikTracker.disableCookies()

Les problèmes que cela pose à piwik : les données récoltées sont moins précises, en particulier :

  • Les visiteurs uniques sont un peu moins fiables, il ne reste que l’adresse IP et l’empreinte du navigateur pour identifier un internaute étant déjà passé.
  • e-commerce / goals : si la session a expiré, piwik ne pourra plus faire le lien entre le premier accès et comptabilisera un accès directe. Problème : si l’internaute provient d’une campagne de pub, le marketing ne pourra pas mesurer le ROI de manière fiable.
  • des statistiques comme « durée entre deux visites », « nombre de visites par visiteur », « nombre de visites avant conversion », « nombre de jours avant conversion »… seront alors imprécises.

Bref ! Un visiteur qui revient après quelques heures est un nouveau visiteur.

Est-ce vraiment problématique ? Un peu pour le marketing, pour le reste pas tellement.

Au final, la loi protège un peu mieux les internautes, mais l’impossibilité de vérifier l’application de la loi limite ses effets. Typiquement, depuis bientôt un an que cette loi est active, aucun des sites sur lesquels je travaille ne la respecte.

Note : si ces pratiques vous dérangent, n’hésitez pas à cocher l’option « Do not Track » (« Indiquer aux sites web de ne pas me pister ») dans les options de Firefox, et promis, dans un prochain article, je vous expliquerai toutes mes techniques pour éviter au maximum de me faire « tracker ».

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Réflexion Technologie

Neutralité du net, réseau et application

Le débat de l’assemblé Nationale  à quoi doit ressembler une loi 2.0 me donne l’impression que la notion d’Internet n’est pas très claire et notamment qu’il y a une très grosse confusion entre le réseau et ces applications.

Le réseau de transport d’Internet c’est comme le réseau de transport ferroviaire à deux différences près :

  1. Chacun est libre de s’y connecter, de l’étendre et de l’utiliser. Ainsi tout le monde peut construire une gare où il le souhaite, ajouter des aiguillages et un morceau de réseau. Tout le monde peut également faire circuler ses trains sans autorisation préalable ni même déclarer leur utilité.
  2. Le réseau ferroviaire n’aura jamais d’autre application, il n’y circulera jamais que des trains de marchandises ou de voyageurs. Sur Internet en revanche, on ne connait pas l’utilité du train : tout circule même si on ne sait pas ce que c’est.

Le réseau Internet a été conçu pour être décentralisé afin de permettre ces possibilités et c’est toutes sa force : personne n’a de monopole dessus. Il n’a donc pas besoin d’être régulé puisqu’il est par nature équitable. Pour qu’il demeure équitable, il faut s’assurer de sa neutralité, c’est à dire veiller à ce que personne ne se permette d’intervenir en coupant des voix, ralentissant des trains où en les envoyant dans la mauvaise direction.

Jusque là c’est simple.

Pour les applications permises par Internet, c’est beaucoup plus compliqués, entre autre car nous n’avons pas connaissance de celles qui arriverons demain puisque chacun est libre de les inventer. Faut-il réguler où non ? C’est une question très intéressante et qui mérite débat, mais cela n’a rien à voir avec la neutralité du net qui elle ne doit pas attendre pour qu’on la défende.

Défendre la neutralité du net, pourrait se faire en définissant ce qu’est Internet, pour que l’on ne vois plus des offres « Internet Mobile » qui n’ont d’Internet que le nom, car on n’y a pas les libertés expliqué plus haut.

Pour conclure, je voulais simplement donner le lien vers les conférences de Benjamin Bayart expliquant les enjeux politique d’Internet en expliquant clairement son fonctionnement aux élèves de Science Po : Cycle de conférences a Sciences Po. Sinon le débat à l’assemblé national.

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Réflexion Technologie

l'avenir des télécomunications

En suivant un certain nombre de déclarations à propos de l’attribution d’une quatrième licence 3G ; en écoutant mon opérateur mobile me faire de nouvelles offres ; en regardant la conférence de David Pogue (en), je me rend compte à quelle points nous passons à côté de l’essentiel.

Nous confondons allègrement le réseau (l’infrastructure) la téléphonie (le service) et le téléphone (l’appareil) !

Commençons pas ce constat : J’utilise mon téléphone portable pour faire essentiellement de l’Internet. J’utilise donc le réseau 3G souscrit au près de mon opérateur mobile. Cependant, je passe 90% de mon temps dans un réseau WIFI qui me permet de faire la même chose en plus rapide et sans abonnement particulier. En supposant que je passe 3% de mon temps or de tout réseau (quand je suis à la montagne par exemple), je paye mon opérateur pour les 7% de mon temps où je n’ai pas d’alternative et ou le plus souvent je n’utilise pas mon téléphone ni pour l’Internet ni pour la téléphonie… mais comme baladeur mp3, carnet d’adresses ou appareil photo !

Dissocions les services :

  • J’ai besoin d’un accès au réseau de chez moi, un réseau rapide, fiable et bon marché : j’ai opté pour l’ADSL.
  • J’ai besoin d’un accès au réseau de partout, minimaliste. Actuellement la 3G et la seule solution, mais étant donnée le prix, c’est un luxe, pas forcément très utile.
  • J’ai besoin d’un service de téléphonie et là c’est le drame : j’en ai deux, un fournie par mon fournisseur ADSL et un autre par mon fournisseur 3G. Ça me fait donc un service de trop que bien-entendu je paye, sans compter l’inconfort d’avoir deux numéros de téléphone, deux répondeurs…

Mais comment peut-on faire autrement ? le service téléphonique de mon fournisseur ADSL est lié à ma ligne ADSL ? Fausse idée, il n’est en rien lié à la ligne ADSL car c’est un service sur l’Internet, donc un service accessible depuis n’importe qu’elle point du réseau y compris en connexion 3G avec un autre opérateur. Certain opérateurs vous font croire le contraire, d’autre, plus honnête vous le dise clairement et vous donne les moyens de l’utiliser.

Remettons un peu les choses au claire :

  • Les opérateurs réseau font de l’ADSL, GSM, 3G (UMTS), WIFI, WiMax, Cable, Satélite, Fibre optique… et d’autre qui reste à inventer, parmis eux Orange, Free, Bouigue, SFR, Numericable et beaucoup d’autre moins connus.
  • Les opérateurs téléphonique offre un service de téléphonie transitant sur le réseau. Les opérateurs réseau offre toujour un minimum de service, mais d’autre aussi : skype, wengo et d’autres.
  • Les fabriquant de téléphone (Apple, Google, blackberry, Nokia, Sony-ericson…) vendent de petits appareils permettant de se connecter aux réseaux et de faire bien d’autre chose.

Est-il possible de séparer complètement les choses, de prendre un contrat chez le fournisseur d’infrastructure, un contrat auprès d’un fournisseur de service et un d’acheter un appareil qui va bien ? Actuellement c’est quasiment impossible, les opérateurs réseaux refusent de faire transiter un autre service de téléphonie sur leur infrastructure. Mais en théorie c’est possible : par exemple vous pouvez utiliser Skype sur un ordinateur connecté en wifi dans un café. Je vous laisse imaginer ce que l’on pourrait faire d’autre…

Notez aussi que :

  • à propos de la télévision, vous faites la différence entre le fournisseur d’infrastructure qui transporte le contenu, le fournisseur de service (la chaine de télévision) qui fabrique ce contenu et le téléviseur qui le restitue ?
  • à propos de mail, vous faites la différence entre le service / l’infrastructure / l’appareil ?
  • la plupart des sociétés ne cherchent pas à fournir du service ni même une infrastructure ou un appareil, mais tout simplement à faire du profit.
  • lorsque vous prenez une offre tout compris, comment se répartissent les charges ? qu’est ce qui coûte quoi ?
  • les appareils ont commencé à être vraiment performant quand ils sont sortie du girons des opérateurs. En serait-il de même pour les services ?
  • pourquoi le Wifi est-il moins cher que le 3G ? (piste : c’est une histoire de licence)
chemin de fer (infrastructure) / compagnie (service) / train (appareil)
chemin de fer (infrastructure) / compagnie (service) / train (appareil)

David Pogue