Catégories
Réflexion Revenu de Base Technologie

Le grand méchant Amazon — ou comment créer un monde meilleur?

Ce titre devrait plaire à plus d’un, tant il est vrai que cette entreprise et sa manière de faire du business déclenchent les passions. Mais que lui reproche-t-on vraiment ? Et comment peut-on s’en sortir ?

CC BY Carl Malamud public.resource.org

Je passe sous silence certains problèmes entendus qui sont très spécifiques à certaine personne ou au e-commerce : besoins de toucher, de feuilleter, de voir… ou encore problème lors de la distribution (avec la poste)… Cela est très marginale, ça existera toujours et ne gêne absolument pas le mastodonte dans son business.

La mort des libraires
— et autres petits commerces

Le premier reproche que l’on fait à Amazon est de tuer les petits commerces. En fait Amazon est juste plus efficace que ses concurrents, comme l’était la Fnac… et cela n’a rien de malhonnête. Le problème est bien plus simple que cela et c’est le fonctionnement de notre société qui est à remettre en cause : l’argent — qui a pris une place centrale à notre époque — oblige les magasins à faire le plus possible de vente et le moins possible d’autre chose. La petite librairie de quartier où le libraire donnait des conseils n’est simplement par rentable.

Pire que ça, la réglementation française sur le prix unique du livre permet aux grosses enseignes de se faire une marge globale plus importante car elles rationalisent leurs frais.

Bonne nouvelle : il y a une solution à ce problème.

La robotique

En utilisant massivement des robots dans ses hangars pour rassembler, trouver et acheminer les livres, l’entreprise gagne de l’argent là où tout doit se faire à la main dans une librairie à taille humaine… avec un coût de main- d’œuvre plus élevé.

Là encore ce n’est pas vraiment un problème de la société qui vend tout de A à Z (regarder bien le logo). Mais c’est notre société actuelle qui fonctionne comme ça.

Bonne nouvelle : il y a une solution à ce problème.

L’exploitation humaine

Un certain nombre d’enquêtes ont permis d’établir les conditions d’esclavage auxquelles sont soumis les employés de la marque au sourire (oui toujours le logo) : «la peur organisée», «conditions de travail dignes du XIXe siècle»…

Curieusement, les solutions habituelles ne fonctionnent pas : grève, lois sociales, taxes… pourquoi ? Dans un contexte mondialisé, il est toujours possible d’aller voir ailleurs, dans le pays d’à côté.

Bonne nouvelle : il y a une solution à ce problème.

La solution

Alors je ne vais pas vous raconter une histoire comme sait si bien le conter ploum, mais je vais vous donner ma vision du changement de paradigme qu’il nous faut opérer pour résoudre ces problèmes de société. Il est d’ailleurs étonnant qu’en prenant l’exemple d’une seule société on capitalise autant de problèmes différents qui ont pour solution un rêve :

Je rêve d’un monde dans lequel un employé pourrait quitter son employeur si les conditions de travail ne sont pas correctes… sans pour autant mourir de faim, se retrouver sans toit ou sans vêtements.

Je rêve d’un monde où la robotisation nous délivrerait du travail pénible sans pour autant nous priver des revenus traditionnellement liés à ce travail.

Je rêve d’un monde où le coût de la main d’œuvre humaine soit faible et permette à chacun de travailler, non pas pour «faire de l’argent», mais à être utile à la société, pourquoi pas en conseillant des livres, en les contant, en organisant des discussions, club de lecture et autres lieux de rencontres humaines entre les lecteurs et les auteurs.

Ce rêve pourrait voir le jour avec un revenu de base.