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Présidentielle et Numérique

À l’ère de l’internet, les propositions des candidats à la présidentielle devraient nous intéresser au plus au point et pourtant il n’y a presque rien : opposition à Hadopi, open data, financement de la culture

Pas grand chose sur le très haut débit, le télétravail, la fracture numérique, l’éducation, la neutralité du net, le logiciel libre, les formats ouverts, l’interopérabilité, vente liée… et l’adaptation d’un nombre conséquent de lois concernant ces nouvelles technologies.

Clubic nous résume ça en une image :

À mon sens, voilà ce qui est important :

  1. la neutralité du net, au moins de principe dans l’imperfection que cela peut avoir.
  2. la légalisation du partage (et donc de l’activité non marchande) : Notez que cela n’a rien à voir avec une licence globale (équitable ?) ni une plateforme publique (contraire à l’esprit d’internet). À ce sujet, mon grand regret est que l’on s’inquiète beaucoup des revenus des «artistes» et non de ceux de toute la population.
  3. les logiciels libres dans l’éducation et les services publics
  4. l’open data et la démocratie directe
  5. la vente liée

Eva Joly se démarque clairement, sa réponse très détaillé au questionnaire candidats.fr, montre qu’elle en connaît bien les enjeux.

Le partage n’est pas un problème, mais une solution. Eva Joly

Nicolas Dupont Aignan (un peu trop libéral) et Jean-Luc Mélenchon (qui a un peu trop tendance à vouloir imposer la liberté) s’en sortent bien également.

N’hésitez pas à lire l’article bien plus complet et plus étudié de Mlle Ellute : «Internet s’invite dans la campagne» ainsi que celui de linux.fr

Sur le même sujet, regardez aussi l’excellent site Candidats.fr.

Et enfin «En 2012, Internet n’existe pas».

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Internet est-il révolutionaire ?

L’histoire nous montre que certaines évolutions techniques ont radicalement changé les habitudes. Petit rappel :

Des Révolutions et des Techniques

l’alphabet et les scribes égyptiens

L’écriture n’est alors pas récente, mais elle est réservée, de part sa complexité, à une élite : les scribes. La société entière est dépendante de ceux-ci (comptabilité, histoire, science, propriété… ) et ils ont alors un pouvoir prédominant.

On est dans un système de communication où seul quelques uns peuvent communiquer.

Et puis un jour, les grecs ont créé un alpha-b simple, pouvant être appris par tous, permettant à tous de lire et d’écrire. Les grecs, forts de leur nouvel outils ont envahi une bonne partie du monde connu et ont écrasé les égyptiens. On retiendra surtout des progrès incontestables en matière de démocratie.

Cet outil (l’écriture) a des limites de diffusion : peu de gens étaient en fait informés et donc n’avaient de raison de s’exprimer. Expressions qui n’aurait d’ailleurs pas atteint  grand monde.

On est dans un système de communication, où tout le monde peut communiquer avec tout le monde mais avec une personne à la fois.

l’imprimerie de Gutenberg, la radio et la télévision

Et puis un jour, on améliore le système d’écriture – en mettant du plomb dans les imprimeries – permettant ainsi de multiplier des copies à l’infinie et donc de communiquer à plus de personnes d’un coup. La radio et la télévision ne sont que des déclinaisons de ce principe. Cela a généré la Réforme, la Révolution française, l’indépendance des États Unis… et probablement d’autres conflits, mais retenons surtout les progrès incontestables en matière de démocratie.

On est alors dans un système de communication où quelques personnes peuvent communiquer à sens unique vers beaucoup de personnes : de la diffusion de masse.

Aujourd’hui l’outil est très bien compris des hommes au pouvoir, car il permet d’atteindre une grande partie de la population facilement et sans droit de réponse. Notez les déséquilibres :

  • quelques personnes peuvent diffuser un message à tous
  • la diffusion est à sens unique

En fait nous avons l’outil idéal de propagande.

L’informatique est arrivée par là, et nous avons voulu reproduire les mêmes choses, ce qui a donné le minitel. C’était sans compter sur quelques informaticiens qui créèrent Internet.

Communication à double sens

Internet est un système de communication qui permet à tous de communiquer à double sens avec tout le monde. Là où l’imprimerie, la radio et la télévision étaient des média de diffusion de masse, Internet est un média de communication de masse. Sa caractéristique a centrée, permet à tout le monde de s’exprimer.

Qu’est-ce que ça change ?

Ça change que nous avons plus de sources d’information, et que nous ne subissons pas une propagande (encore faut-il vouloir éteindre sa télévision). Souvenez-vous du referendum sur la constitution Européenne : Internet a permis une réflexion plus profonde que ce que les médias nous vendaient.

Ça change que vous avez la possibilité de dire ce qui est faux dans ce que l’on vous dit et par ailleurs : vous avez un droit de réponse.

Ça change  que les dirigeants ne peuvent plus se contenter de favoriser les 1% de personnes centrales (banquiers, média, pouvoir, grand patron), ils doivent s’occuper de tous car nous pouvons à tout moment nous organiser pour faire entendre notre voix. Regarder la Tunisie, l’Égypte, la Libye… et ce n’est probablement pas fini.

La démocratie va y gagner, je n’en doute pas. En revanche le sang va couler (il a déjà coulé dans le monde Arabe) car ceux qui ont le pouvoir ne veulent pas lâcher leurs avantages qu’ils placent avant l’intérêt général.

C’était le sujet d’une Publicité pour club Internet en 1998, la version original sur le site de l’INA, et ensuite une version spéciale après le vote de la loi HADOPI :


[FR] HADOPI : Big Brother is coming to get you ! par germainpinpin

Protégeons Internet.

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Internet, c’est quoi ?

Voici un cycle de trois conférences a Sciences Po par Benjamin Bayart, dont les vidéos sont disponibles sur le site du FAI fdn.

Chapitre 1 : Le Réseau

Qu’est ce qu’un réseau par commutation et qu’est ce qu’apporte un réseau par paquet comme Internet ?

Comment le réseau oriente-t-il les paquets dans le réseau ?

Où commence et ou s’arrête Internet et comment fonctionnent les éléments qui raccordent les réseaux publics au réseaux privés ?

Chapitre 2 : Les services

Qu’est ce que l’on peut bâtir sur Internet ? explication du mail, du web, du DNS, et approche du « Pear to Pear ».

Chapitre 3 : les impacts politiques et sociétaux

Qu’est ce que tout cela permet ? en matière de diffusion, de communications de résilience numérique, mais beaucoup plus loin il s’intéresse aussi à ce que cela change pour nous tous les jours.

Benjamin Bayart est également connu pour sa conférence « Minitel 2.0 » qui explique la différence fondamentale entre le minitel et Internet tout en dénonçant certaines pratiques visant à mettre un peu plus de minitel dans Internet pour ses avantages économiques.