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de la Liberté d’Expression

La société Linkeo a mis en demeure le site linuxfr de retirer un commentaire à son sujet dont elle jugeait que le contenu portait atteinte à son «image de marque» et à son «professionnalisme».

Ce faisant, elle montre aux yeux de tous ce qu’elle ne veut pas que nous voyons. Effet Streisand. Badbuz.

Le commentaire en question est certes assez négatif, très direct et explicite mais vraisemblablement pas illégal.

Un problème de Liberté d’Expression

La liberté d’expression est limitée en France et certaines choses sont donc interdites :

  • La pédophilie (très pratique pour couper le moindre site web en moins de 24h)
  • Le plagiat (il n’est pas autorisé de publier une œuvre protégée par le droit d’auteur)
  • Les discriminations raciales et les propos négationnistes
  • L’insulte et la diffamation

Si la loi est tout a fait sensée et a une valeur morale importante, elle ne nous aide pas pour autant à nous exprimer et à communiquer.

Comment communiquer ?

Supposons que la loi ne pose pas de limite à la liberté d’expression :

  • Le commentaire aurait peut-être été plus violent et franchement insultant ou diffamatoire.
  • À ce titre, il aurait pu être modéré pour non respect des règles du forum.
  • La société aurait plutôt utilisé un droit de réponse.
  • Peut-être se serait rapproché gentiment des modérateurs pour leur demander de modérer leurs propos.

Quel que soit le scénario, au pire des cas, la conversation serait devenue houleuse voir aurait tourné au troll.

L'imprimerie a permis au peuple de lire, Internet va lui permettre d'écrire. Benjamin Bayart

Nous avons besoins d’apprendre à communiquer : dire les choses n’est pas un problème. En revanche il faut savoir ne pas dépasser certaines règles de bonne conduite comme celles citées dans l’excellent ouvrage (et dont le titre est si mal traduit) de Dale Carnegie.

Avoir des propos légèrement déplacés n’est pas un problème non plus, même si cela peut se retourner contre nous, par contre nous devons apprendre de nos erreurs et des erreurs des autres pour ne pas les répéter.

D’ailleurs, signifier à quelqu’un que ses propos sont blessant est le premier pas pour lui en faire prendre conscience.

Enfin, nous pourrions très bien être liés à une affaire comme celle-ci, alors souvenons-nous que le pardon existe.

Que faire ?

Après réflexion, à la place de Linkeo, j’aurais choisi de répondre au commentaire de manière modeste et constructive :

«Les cordonniers sont les plus mal chaussés, et c’est en autre, pour y remédier que nous avons besoin de vous.»

Et vous qu’elle attitude auriez-vous adoptée ?

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Partage et Gestion

L’utilisation d’une ressource en commun n’est pas simple, pour peu que celle-ci soit limitée et que les personnes concernées soit différentes. Cela  peut devenir un vrai casse-tête. Alors comment s’organiser pour gérer, par exemple, l’usage en commun d’un réfrigérateur dans une entreprise ?

Régulation et Contrôle

La première solution est de rédiger un règlement prenant en compte tous les cas de figure de la conservation des aliments, leur conditionnement, la place qu’ils prennent ou l’espace qu’il convient d’appliquer à chacun. Ce règlement peut-être quo-rédigé et/ou adopté au consensus.

On peut même envisager un dédommagement financier des personnes utilisant un emplacement plus grand tout en laissant les nouveaux arrivants racheter des «parts» (ou «licence d’utilisation») du frigidaire.

Ainsi les articles du règlement prévoyant la durée maximum de dépôts des aliments dans le frigidaire en fonction d’une typologie précise et de leur date de péremption côtoieraient les articles liés au conditionnement des produits devant impérativement correspondre à la norme ISO 31415 définissant un certain style qui ne doit pas choquer les éventuels visiteurs ou clients… on préférera à ce titre les produits emballés par Stark pour un design assuré qui donnera une bonne image de l’entreprise jusque dans les moindres détails. La place réservée à chacun est aussi sujet à d’interminables discussions qui, une fois réglée, devra être actualisée lors de l’arrivée d’un nouveau collaborateur. Bien entendu, il ne faudra pas oublier de réglementer l’odeur maximum que peut dégager un aliment dans le reste du frigidaire – voire  dans les pièces environnantes… – et même, sûrement, interdire certaines saveurs mal appréciées d’un visiteur durant les 48h précédent sa venue.

Alors seulement, l’utilisation du frigidaire sera autorisée aux personnes ayant lu, compris et paraphé les 50 pages du règlement qui anticipe tout les cas possibles et qui doit être mis à jour tous les 6 mois.

Liberté et Bazar

L’autre solution, aux antipodes, est de ne rien faire et de laisser les gens s’auto-organiser et s’auto-réguler au risque de se retrouver avec un beau bazar et quelques situations incongrues – voire carrément gênantes :

  • Des aliments en état de décomposition, restant des mois et encombrant tout le frigidaire
  • Des odeurs désagréables le jour où le client le plus important vient signer un gros contrat
  • Des éternelles querelles, double décimètre à la main pour obtenir une petite place en respectant les affaires des autres…

gastonlagaffe

 

 

Solutions et paradoxe

Si cette seconde solution à ma préférence, elle est plus que difficile à mettre en place et est bien plus compliquée que l’on ne peut l’imaginer. Elle est d’ailleurs inapplicable si toutes les personnes concernées n’ont pas pris conscience des multiples problématiques exprimées dans la première solution… et dans les 50 pages du règlement en découlant.

Comme souvent la meilleure solution est hybride. Si on ne formalise pas des règles précises, il faudra rappeler fréquemment les problématiques auxquelles il faut faire attention, il faudra que chacun rappelle ses besoins et respecte les besoins des autres. Ces qualités humaines ne pouvant être régulées, le manuel de 50 pages sera tentant car, même s’il est imparfait – voire inapplicable – il permettra de rappeler que le partage d’une ressource rare est difficile et demande l’adhésion de chacun.

Dans cette auberge espagnole, vous trouverez ce que vous apporterez. Si vous régulez les autres, ils deviendront procéduriers. Si vous laissez faire et expliquez vos besoins vous obtiendrez leur empathie – voire leurs solutions.

«Ce que tu apportes, tu trouveras» Yoda

 

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Les Dangers d’Internet

Je vous relaie ici une conférence de Benjamin Bayart qui s’interroge sur les dangers d’Internet. La conférence date d’avril 2011, mais est toujours d’actualité.

Pour chacun de nous, trois dangers sont énoncés, qui peuvent se résumer en un seul : notre naïveté envers le phishing et autres arnaques. Ainsi, ce n’est pas Internet qui pose problème mais plutôt notre crédulité envers de parfaits inconnus au sein d’un monde globalisé.

En revanche, Internet bouscule quelques intérêts particuliers en rendant obsolète les intermédiaires : distributeurs, représentants…

Ainsi les vendeurs de musique perdent leur business de la même manière que les moines copistes ; les journalistes (ceux qui ne font que relayer de l’information) n’ont plus de valeur ajouter ; les députés et autres responsables politiques se retrouvent plus souvent contestés dans leur rôle.

Il n’est pas étonnant dès lors, que ces rares personnes qui se sentent mise en danger par Internet essayent de le discréditer voir d’en prendre le contrôle.

Il est également intéressant de constater que ce sont ceux qui ont le plus de pouvoir qui se sentent le plus menacer.

Ils peuvent alors réagir en adoptant des lois telle que le Locomotive Act. Cette loi britannique de 1865 est adoptée (sous la pression de fabricants de charrette) pour limiter l’adoption de l’automobile.

Vous pouvez télécharger cette conférence sur le site freetorrent : Les Dangers d’Internet, Benjamin Bayart.