Catégories
Réflexion

Propriété et Usage

Qu’est-ce qui est plus important : posséder un bien, ou en avoir l’usage ou l’accès ?

D’un point de vue immobilier, nous avons pris l’habitude de considérer que la propriété n’est pas indispensable et que l’on peut rester locataire toute sa vie. Un locataire utilise in logement qui est la propriété de quelqu’un d’autre. Mais quid des logements laissés vides, donc inutilisés ? Inversement, comment assurer un droit au logement, droit qui sous-entend l’accès et non la propriété ?

Ramenons le problème à une autre forme de propriété :  le logiciel. La personne qui le créé en est le propriétaire, les personnes qui s’en servent sont des utilisateurs. La seule chose que Richard Stallman ait faite, est de défendre les droits des utilisateurs en ne touchant quasiment pas aux droits du propriétaire. En fait, celui-ci se retrouve contraint à quelque chose (distribuer le code source) uniquement pour défendre les droits de l’utilisateur.

Nous avons pris l’habitude de définir la liberté par ses limites : «La liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui». De la même façon, la propriété privée a ses limites. L’une d’elle, est de dire :

«lorsque quelqu’un s’approprie un objet, il doit en rester suffisamment et en qualité aussi bonne, en commun pour les autres» clause lockéenne

En clair, on ne prend pas le dernier biscuit apéritif du plat.

En matière d’immobilier, la crise actuelle est due, en partie, à la non utilisation de logements/bureaux laissés vides. Si on essaie d’extrapoler la clause lockéenne, on se rend compte que les logements inutilisés nuisent à ceux qui en manquent, à ceux qui sont mal logés…

Il n’est pas malhonnête d’occuper un logement vide. Une cour de justice espagnole l’a affirmé en laissant des squatteurs s’installer dans un immeuble vide appartenant à une banque.

D’une manière plus générale (au delà de l’immobilier), il serait bon de renforcer les droits des utilisateurs, quitte à poser quelques contraintes aux propriétaires, comme le logiciel libre l’a fait.