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Partage et Gestion

L’utilisation d’une ressource en commun n’est pas simple, pour peu que celle-ci soit limitée et que les personnes concernées soit différentes. Cela  peut devenir un vrai casse-tête. Alors comment s’organiser pour gérer, par exemple, l’usage en commun d’un réfrigérateur dans une entreprise ?

Régulation et Contrôle

La première solution est de rédiger un règlement prenant en compte tous les cas de figure de la conservation des aliments, leur conditionnement, la place qu’ils prennent ou l’espace qu’il convient d’appliquer à chacun. Ce règlement peut-être quo-rédigé et/ou adopté au consensus.

On peut même envisager un dédommagement financier des personnes utilisant un emplacement plus grand tout en laissant les nouveaux arrivants racheter des «parts» (ou «licence d’utilisation») du frigidaire.

Ainsi les articles du règlement prévoyant la durée maximum de dépôts des aliments dans le frigidaire en fonction d’une typologie précise et de leur date de péremption côtoieraient les articles liés au conditionnement des produits devant impérativement correspondre à la norme ISO 31415 définissant un certain style qui ne doit pas choquer les éventuels visiteurs ou clients… on préférera à ce titre les produits emballés par Stark pour un design assuré qui donnera une bonne image de l’entreprise jusque dans les moindres détails. La place réservée à chacun est aussi sujet à d’interminables discussions qui, une fois réglée, devra être actualisée lors de l’arrivée d’un nouveau collaborateur. Bien entendu, il ne faudra pas oublier de réglementer l’odeur maximum que peut dégager un aliment dans le reste du frigidaire – voire  dans les pièces environnantes… – et même, sûrement, interdire certaines saveurs mal appréciées d’un visiteur durant les 48h précédent sa venue.

Alors seulement, l’utilisation du frigidaire sera autorisée aux personnes ayant lu, compris et paraphé les 50 pages du règlement qui anticipe tout les cas possibles et qui doit être mis à jour tous les 6 mois.

Liberté et Bazar

L’autre solution, aux antipodes, est de ne rien faire et de laisser les gens s’auto-organiser et s’auto-réguler au risque de se retrouver avec un beau bazar et quelques situations incongrues – voire carrément gênantes :

  • Des aliments en état de décomposition, restant des mois et encombrant tout le frigidaire
  • Des odeurs désagréables le jour où le client le plus important vient signer un gros contrat
  • Des éternelles querelles, double décimètre à la main pour obtenir une petite place en respectant les affaires des autres…

gastonlagaffe

 

 

Solutions et paradoxe

Si cette seconde solution à ma préférence, elle est plus que difficile à mettre en place et est bien plus compliquée que l’on ne peut l’imaginer. Elle est d’ailleurs inapplicable si toutes les personnes concernées n’ont pas pris conscience des multiples problématiques exprimées dans la première solution… et dans les 50 pages du règlement en découlant.

Comme souvent la meilleure solution est hybride. Si on ne formalise pas des règles précises, il faudra rappeler fréquemment les problématiques auxquelles il faut faire attention, il faudra que chacun rappelle ses besoins et respecte les besoins des autres. Ces qualités humaines ne pouvant être régulées, le manuel de 50 pages sera tentant car, même s’il est imparfait – voire inapplicable – il permettra de rappeler que le partage d’une ressource rare est difficile et demande l’adhésion de chacun.

Dans cette auberge espagnole, vous trouverez ce que vous apporterez. Si vous régulez les autres, ils deviendront procéduriers. Si vous laissez faire et expliquez vos besoins vous obtiendrez leur empathie – voire leurs solutions.

«Ce que tu apportes, tu trouveras» Yoda

 

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Réflexion

vivre ensemble

Cette période électorale fait froid dans le dos. Non pas parce que je découvre que 98% de la population ne s’est pas exprimée comme moi, mais plutôt à cause de l’étonnement que peuvent avoir certaines personnes qui réalisent soudain cette différence et  se trouvent soudainement en guerre contre une autre partie de la population.

L’étonnement d’abord. Et oui tout le monde est différent, tout le monde a une histoire différente et un vécu différent qui nous amène à comprendre les choses différemment et donc à faire des choix différents. C’est flagrant quand vous voyagez dans un autre pays… ça l’est tout aussi au sein d’une même famille : nous sommes différents !

Le rejet de la différence ensuite. C’est qui m’a le plus surpris cette semaine : la manière dont beaucoup de têtes soit-disant bien pensantes, sont tombées violemment sur les électeurs d’extrême droite, les traitants de tous les noms. Ces 6 421 426 personnes ont fait un choix, il ne vous plait pas, pas plus qu’à moi, ce qui n’empêche que c’est leur choix. Peut-être n’avez vous pas su expliquer vos idées et solutions, peut-être ne vous êtes vous pas intéressés à eux… toujours est-il qu’à la fin nous sommes condamnés à vivre ensemble, à travailler ensemble, à organiser la vie de nos résidences ou de nos quartiers ensemble…

Nous sommes tous unis. Le sort de l’Humanité entière dépend des relations de chacun avec les autres. Jamais nous n’avons à ce point dépendu les uns des autres. Mais nous ne le comprenons pas. L’homme échoue à devenir un être doué de compassion, il est incapable d’entraide. Si nous persistons dans cette attitude qui exige que nous considérions notre voisin comme notre premier ennemi, si nous continuons à éveiller la vengeance et la haine, à polluer notre monde et nos pensées, cela veut dire que nous n’avons rien appris des grands maîtres, ni de Jésus, ni du Bouddha, ni de Moïse. Et si nous ne corrigeons pas ces réflexes pavloviens, nous serons impuissants à affronter cette époque où l’humanité s’acharne encore et toujours à exploiter, à vaincre, à exercer la tyrannie ; à amasser le plus possible, sans se soucier de ce qui suivra ; et à vivre aux dépens de ceux qui n’ont ni recours ni ressources… Il faut partager avec ceux qui ne nous ressemblent pas, car leurs différences nous enrichient. Il faut respecter ce qui est unique chez les autres.

Yehudi Menuhin

Demain, vous allez croiser un certain nombre de personnes (dans la rue, au travail, en faisant les courses…) quand vous en serez à la dixième personne, dites vous que vous avez croisé un électeur de cette extrême qui nous effraye tant. Lui avez-vous dit bonjour ? Êtes vous allez vers elle où avez vous essayez de la comprendre ? Si oui, avez vous pris le temps d’expliquer que d’autres solutions étaient possibles ?

Le vote est un moyen d’exprimer des idées, se parler aussi, mais nous n’en avons pas toujours envie. Peut-être avons-nous pris l’habitude de nous juger : bien mal nous en prend.

L’élection, un problème ?

En filigrane, on peut se demander si le problème ne vient pas tout simplement du vote qui expose nos différences et devient alors un combat du mal contre le bien, selon le point de vue où l’on se trouve.

À mon avis, beaucoup de personnes se font bien trop d’illusions sur les conséquence d’une élection.

Alors je demandais à François : Pourquoi maintenant que tu en as le pouvoir ne fais-tu pas ce que tu avais offert ? Il me répondait qu’il n’avait pas le pouvoir d’affronter la Banque mondiale, le capitalisme, le néolibéralisme. Qu’il avait gagné un gouvernement mais non pas le pouvoir. »

Danielle Mitterrand

La guerre de la droite contre la gauche ?

C’est aussi un problème de bi-partisme, les personnes de gauche ont peur de la droite qui leur donne «froid», tandis que ceux de droite ont peur d’une la gauche dont le «bilan» n’est pas glorieux… Est-ce vraiment sur un seul axe que doit se lire la politique ?

Personnellement, je pense que d’autres directions sont possibles, la liberté est un axe intéressant.