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Partage des œuvres et Revenus pour les artistes

J’écoutais samedi le «Débat sur la légalisation et la rémunération du partage sur Internet» à «Pas sage en seine», sujet passionnant où tous les interlocuteurs sont d’accord au moins sur une chose : Internet change terriblement la donne.

Les Revenus

Je suis complétement d’accord avec Thierry Crouzet quand il affirme que  le Revenu de Base fait tomber la question de la rémunération des auteurs, tout au moins de ceux qui créent pour autre chose que de l’argent. J’ai d’ailleurs était assez surpris de la retenue de Lionel Maurel sur ce point (à 46min) : «même avec un revenu de base, il y aurait quand même intérêt à laisser une contribution créative».

Je ne suis pas sûr d’être d’accord avec ça : est-ce la course à l’argent qui motive les artistes ? Si tel est le cas, il faut les qualifier d’«hommes d’affaire».

Un artiste fait son œuvre et espère qu’elle sera diffuser et qu’elle touchera son public. Le Revenu de Base lui assure une sécurité matérielle durable pour pouvoir réaliser ses œuvres.

Un homme d’affaire réalise des investissements, et ce faisant, il prend un risque pour rentabiliser son œuvre puis faire du bénéfice. Le Revenu de Base ne change rien pour lui si ce n’est une certaine assurance (meilleure que celle revendiquée par les intermittents du spectacle).

Le partage

Le partage libre et gratuit dès la publication ne va pas changer grand chose à l’artiste en matière de revenu et va lui donner l’occasion d’atteindre plus facilement le public, en revanche il peut se révéler catastrophique pour l’homme d’affaire.

À mon avis, la solution proposée par Lawrence Lessig (dont Lionel Maurel reprend des morceaux) est bien meilleure :

  • Par défaut toutes les œuvres sont dans le domaine public
  • Il est nécessaire d’enregistrer tout œuvre dont on souhaite une protection de la part de l’état.
  • Cette enregistrement est payant, d’une durée limitée (par exemple : 5 ans pour un film, 1 an pour un livre, 2 ans pour un disque), renouvelable une seule fois.
  • Le dépôt de l’œuvre est obligatoire pour permettre sa diffusion et sa résilience une fois qu’il est élevé dans le domaine public.

Ainsi l’artiste peut choisir de commercialiser son œuvre sans pour autant craindre qu’elle ne soit enfermée dans le droit d’auteur.

L’homme d’affaire doit simplement prendre en compte dans son business modèle un temps fixe pour rentabiliser son œuvre.

Le partage et les revenus

À ce système peuvent être cumulés des systèmes privés de rémunération.

Crowdfunding

Le crowdfunding pour financer l’œuvre par le public directement par souscription. Le coût humain étant bien plus léger, ce financement est plus facile.

Don et micropaiement

A posteriori, l’artiste peut choisir de recevoir des dons en espèces sonnantes et trébuchante. Par exemple, flattr permet de rétribuer un panel de créateurs que l’on aime et à qui on va décider d’attribuer un budget.

Dans un cas comme dans l’autre, le risque est limité car l’artiste a son revenu de base pour vivre quoi qu’il arrive. Le public ayant acquis une sécurité financière sera également plus à même de donner pour encourager les projets qu’il apprécie.

Le revenu de base est expliqué au musée du Capitalisme à Namur.

Au final, le partage est assuré pour tout œuvre, au pire après un délais court : le grand gagnant est la culture.

La rémunération est assurée pour tous, grâce au revenu de base.

Il existe toujours des formes de «contributions créatives», des revenus supplémentaires pouvant (éventuellement) favoriser la création.

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Le grand méchant Amazon — ou comment créer un monde meilleur?

Ce titre devrait plaire à plus d’un, tant il est vrai que cette entreprise et sa manière de faire du business déclenchent les passions. Mais que lui reproche-t-on vraiment ? Et comment peut-on s’en sortir ?

CC BY Carl Malamud public.resource.org

Je passe sous silence certains problèmes entendus qui sont très spécifiques à certaine personne ou au e-commerce : besoins de toucher, de feuilleter, de voir… ou encore problème lors de la distribution (avec la poste)… Cela est très marginale, ça existera toujours et ne gêne absolument pas le mastodonte dans son business.

La mort des libraires
— et autres petits commerces

Le premier reproche que l’on fait à Amazon est de tuer les petits commerces. En fait Amazon est juste plus efficace que ses concurrents, comme l’était la Fnac… et cela n’a rien de malhonnête. Le problème est bien plus simple que cela et c’est le fonctionnement de notre société qui est à remettre en cause : l’argent — qui a pris une place centrale à notre époque — oblige les magasins à faire le plus possible de vente et le moins possible d’autre chose. La petite librairie de quartier où le libraire donnait des conseils n’est simplement par rentable.

Pire que ça, la réglementation française sur le prix unique du livre permet aux grosses enseignes de se faire une marge globale plus importante car elles rationalisent leurs frais.

Bonne nouvelle : il y a une solution à ce problème.

La robotique

En utilisant massivement des robots dans ses hangars pour rassembler, trouver et acheminer les livres, l’entreprise gagne de l’argent là où tout doit se faire à la main dans une librairie à taille humaine… avec un coût de main- d’œuvre plus élevé.

Là encore ce n’est pas vraiment un problème de la société qui vend tout de A à Z (regarder bien le logo). Mais c’est notre société actuelle qui fonctionne comme ça.

Bonne nouvelle : il y a une solution à ce problème.

L’exploitation humaine

Un certain nombre d’enquêtes ont permis d’établir les conditions d’esclavage auxquelles sont soumis les employés de la marque au sourire (oui toujours le logo) : «la peur organisée», «conditions de travail dignes du XIXe siècle»…

Curieusement, les solutions habituelles ne fonctionnent pas : grève, lois sociales, taxes… pourquoi ? Dans un contexte mondialisé, il est toujours possible d’aller voir ailleurs, dans le pays d’à côté.

Bonne nouvelle : il y a une solution à ce problème.

La solution

Alors je ne vais pas vous raconter une histoire comme sait si bien le conter ploum, mais je vais vous donner ma vision du changement de paradigme qu’il nous faut opérer pour résoudre ces problèmes de société. Il est d’ailleurs étonnant qu’en prenant l’exemple d’une seule société on capitalise autant de problèmes différents qui ont pour solution un rêve :

Je rêve d’un monde dans lequel un employé pourrait quitter son employeur si les conditions de travail ne sont pas correctes… sans pour autant mourir de faim, se retrouver sans toit ou sans vêtements.

Je rêve d’un monde où la robotisation nous délivrerait du travail pénible sans pour autant nous priver des revenus traditionnellement liés à ce travail.

Je rêve d’un monde où le coût de la main d’œuvre humaine soit faible et permette à chacun de travailler, non pas pour «faire de l’argent», mais à être utile à la société, pourquoi pas en conseillant des livres, en les contant, en organisant des discussions, club de lecture et autres lieux de rencontres humaines entre les lecteurs et les auteurs.

Ce rêve pourrait voir le jour avec un revenu de base.

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Les Secrets de la Monnaie – Gérard Foucher

Voici quelques temps que j’ai terminé de lire un ouvrage assez incroyable de Gérard Foucher : «Les Secrets de la Monnaie»

L’auteur nous explique en détail le fonctionnement de la monnaie, son utilité et ses défauts. Ainsi, il décrit comment la monnaie profite aux banques au détriment des états, des entreprises et des individus en prenant bien garde de ne jamais glisser vers la théorie du complot.

Si l’intérêt d’avoir une monnaie est assez facile à comprendre, les défauts sont beaucoup plus complexes à analyser et nous sommes aveuglés par des croyances distillées dans nos écoles et nos médias.

L’ouvrage de Gérard Foucher nous libère de nos croyances et nous permet d’appréhender la monnaie d’une manière plus sereine.

La monnaie est un bon Serviteur et un mauvais Maître.

Au delà de l’analyse, l’ouvrage propose et critique différentes solutions, dont le dividende universel.

D’un côté la monnaie est un bien réel, une marchandise qui a une valeur d’usage en elle-même, c’est une matière, elle a tendance à se dégrader avec le temps, on doit la stocker physiquement, elle ne peut exister qu’à un seul endroit à la fois.

De l’autre, la monnaie est un ensemble de chiffres qui ne peut servir à rien en dehors de l’échange, qui n’a pas d’existence physique, qui est inaltérable, qui se conserve sans coût et qui peut être multiplié à l’infini.

Ces deux concepts sont assez différents pour qu’on puisse accepter de ne pas les confondre.

Gérard Foucher

Petite anecdote, j’ai acheté ce livre magnifique dans une monnaie improbable : «monnaie M». Cette monnaie totalement virtuelle, distribuée sous forme de dividende universel, permet de vendre et d’acheter tout ce que l’on peut imaginer.

CouvertureSecrets10.4_1ereCouvAvecCadre_1000px3-199x300Alors que nous sommes en pleine crise monétaire, ce livre est une bouffée d’oxygène pour ne pas accuser nos semblables de tous nos maux : de la même manière que Martin Luther King a expliqué que le problème des noirs aux États Unis n’était pas les blancs, mais un ensemble sociétale, de tradition et de culture conduisant à la ségrégation et à l’appauvrissement des noirs ; les problèmes liés à la monnaie ne sont pas dus aux banquiers ou aux politiques mais plutôt au système dans sa globalité.

Si la lecture vous rebute, vous pouvez opter pour la conférence gesticulé par l’auteur lui même.

Les secrets de la monnaie