Histoire de monnaie

Une journée maussade dans un petit bourg humide au fin fond de l’Irlande.
Il tombe une pluie battante et les rues sont désertes. Les temps sont durs, le pays est très endetté, tout le monde vit à crédit.
Arrive un touriste allemand, riche. Il arrête sa belle grosse voiture devant le seul hôtel de la ville et il entre.
Il pose un billet de 200 Euros sur le comptoir et demande à voir les chambres disponibles afin d’en choisir une pour la nuit.
Pour 200 Euros, le propriétaire de l’établissement lui donne toutes les clés et lui dit de choisir celle qui lui plaira.
Dès que le touriste a disparu dans l’escalier, l’hôtelier prend le billet de 200 Euros, file chez le boucher voisin et règle la dette qu’il a envers celui-ci.
Le boucher se rend immédiatement chez l’éleveur de porcs à qui il doit 200 Euros et rembourse sa dette.
L’éleveur à son tour s’empresse de régler sa facture à la coopérative agricole où il se ravitaille en aliments pour le bétail.
Le directeur de la coopérative se précipite au pub régler son ardoise.
Le barman glisse le billet à la prostituée qui lui fournit ses services à crédit déjà depuis un moment.
La fille, qui occupe à crédit les chambres de l’hôtel avec ses clients, court acquitter sa facture chez notre hôtelier qui pose le billet sur le comptoir, là où le touriste l’avait posé auparavant.
Le touriste Allemand descend l’escalier, annonce qu’il ne trouve pas les chambres à son goût, ramasse son billet et s’en va.
Personne n’a rien produit, personne n’a rien gagné, mais plus personne n’est endetté et le futur semble beaucoup plus prometteur.

C’est ainsi que fonctionnent les plans de sauvetages au profit des pays de l’Europe en difficulté !

Pour aller plus loin :

Si cette petite comptine vous intrigue, je vous recommande la lecture du livre de Gérard Foucher «les Secrets de la Monnaie» ou sa conférence gesticulé (2 heures).

5 réponses sur « Histoire de monnaie »

  1. Techniquement l’hôtelier perd de l’argent dans cette histoire, mais bon.

  2. Je ne pense pas que l’hôtelier perde de l’argent dans l’histoire vu qu’il a payé ses dettes de nourriture.
    Par contre l’Allemand a dus injecter des fonds, des fonds qui auraient pus être utilisables autre-part autrement, comme par exemple s’il les avait prêté (avec intérêts). Donc il me semble que le vrai perdant est l’Allemand, vu qu’il est reparti avec 100€ à la place de, disons, 103€ s’il les avait prêté à 3%.

    De plus, la solution n’a pas été trouvée : demain, ces mêmes personnes (en milieu clos) vont se ré-endetter à nouveau pour manger, dormir etc chez ces différents personnages.
    Du coup je me demande, la seule solution est-elle celle d’imprimer de l’argent pour effacer l’ardoise (et avoir de nouveau de la liquidité en circulation, ce qui -il me semble- était le problème ici), et diminuer son pouvoir d’achat en dehors de ce cercle (dévalorisation de la monnaie) ?
    Ou y en a-t-il une autre ?

    1. Je suis d’accord, il y a un manque de monnaie, ce manque empêche les transaction de se faire dans de bonne condition. Ceci dit elles se font tout de même, sans monnaie. La monnaie n’est pas un outil qui permet les transactions, c’est un outil qui facilite les transaction.

      Les solutions :
      – faire une comptabilité différentiel au niveau du village
      – mettre en place un SEL
      – Utiliser une monnaie locale
      … bref créer une autre monnaie sans les défauts de la première

      mais quels sons ces défauts ? La monnaie (euro, dollard…) coûte cher, car elle est créé par de la dette. Du coup elle est rare est vient à manquer. Si nos monnaies courante pouvait-être abondante, le problème ne se poserais pas.

      La solution pourrait passer par un dividende universelle.

  3. Dans l’histoire c’est l’hotelier qui paye pour les autres.
    Il perd 400 €
    – Les 200 € de la prostituée qu’il n’encaisse pas.
    – Les 200 € de l’allemand qu’il n’encaisse pas.

    1. ha bon ? Tout le monde a remboursé ses dettes, même l’hôtelier…

      L’allemand ne restant pas, il n’a pas à encaisser les 200 €

      L’hôtelier aurait pu rembourser sa dette avec l’argent de la prostitué… mais l’argent manquait. En fait dans les crises financières et monétaires des 50 dernières années le problème est toujours le même : il n’y a pas assez de monnaie en circulation. Injecter de la monnaie directement dans l’économie (par un dividende universelle par exemple) résoudrait le problème.

Les commentaires sont fermés.