Un impôt juste…

Les finances des états sont essentiellement assurées par la levée des impôts, et le problème de la justesse de ceux-ci semble presque insoluble car dans la réalité nous sommes tous différents : riches ou moins riches… et même carrément pauvres.

La première proposition est de mesurer la richesse en fonction du revenu et d’en prélever une partie. C’est l’impôt sur le revenu. Vous gagnez beaucoup d’argent, vous payer beaucoup.

Le problème, c’est que la richesse n’a pas grand chose à voir avec les revenus, par exemple ceux qui brassent beaucoup d’argent payent beaucoup d’impôts, sans pour autant être riches. Typiquement, un couple dont les deux membres travaillent va devoir reverser une grosse somme à une nourrice ou à une crèche. Inversement, celui qui n’a  pas d’activité rémunératrice, ne paie pas d’impôt, alors qu’il n’est pas nécessairement pauvre. Il peut en effet être propriétaire d’un terrain qu’il cultive pour se nourrir et échanger le reste de sa production pour ses autres besoins.

Noter que pour remédier à ces problèmes, des exceptions ont été ajoutées au calcul de l’impôt sur le revenu, le transformant en un procédé complexe. Reste que globalement, cet impôt est assez injuste, et le fait qu’il soit incompréhensible n’aide en rien à le rendre plus juste. Ajouter à cela qu’il est très difficile et couteux à prélever, sans même parler des multiples manières de le contourner.

Un autre impôt a été ajouté par la suite, qui s’avère beaucoup plus juste pour détecter les richesses des gens : l’impôt sur la consommation, plus communément appelé TVA. Il s’agit d’une taxe que vous payez sur tout ce que vous achetez sous forme d’un pourcentage du prix que le commerçant reverse ensuite à l’état. Il est beaucoup plus juste, car les riches consomment plus et consomment des produits plus chers, ils paient donc beaucoup plus. C’est également un impôt beaucoup plus facile à prélever.

Le défaut de cet impôt et d’être basé sur la monnaie. Typiquement, un groupe de personnes faisant du troc (échange de services…), où utilisant un autre système monétaire, se retrouve alors hors de l’impôt. Cela pause un problème uniquement si ce groupe utilise les infrastructures de l’état, ce qui est toujours le cas, pensez à l’école par exemple.

Ceci dit, l’impôt sert aux finances de l’état, et l’état devrait mettre à disposition la monnaie pour qu’elle facilite les échanges, de la même façon qu’une route facilite les déplacements. (notez : on dit toujours d’un état qu’il frappe la monnaie, seulement, depuis les accords de Maastricht, ce n’est plus le cas en France ce qui n’empêche pas d’envisager une souveraineté européenne en la matière.).

Ainsi l’état frappe la monnaie pour la récolter ensuite. Pourquoi ne pourrait-il pas en fabriquer un peu plus pour ses besoins propres ? Le problème, est que cela fausse les échanges internationaux et le stockage de valeurs : la monnaie perd de sa valeur. Cela gène les riches. Mais rappelons-nous que la monnaie est  un d’outil d’échange et non un outil de stockage de valeurs. Peu importe, « c’est notre monnaie et c’est votre problème« . Le soucis de l’état devrait être ici celui des citoyens avant celui des multinationales et du commerce extérieur. De cette manière, les crises de dettes souveraines en Europe pourraient être résolues d’un claquement de doigt : une décision politique dans l’intérêt du peuple.

Ainsi les finances de l’état peuvent être assurées par création monétaire, or les états de la zone euro n’ont pas cette capacité : la création monétaire est un monopole réservé aux banques.

En conclusion, l’impôt sur le revenu doit disparaitre. La TVA est relativement juste et pratique dans le système monétaire actuelle. Si nous devons changer le système monétaire, il faudra le ré-évaluer.

Dans un monde à créer, un monde plus libre, où nous mettrions en place un Revenu de Base, celui-ci pourrait être financé en partie sur la TVA et en partie avec de la création monétaire sous forme de dividendes universels. Cela irait de paire avec la suppression du monopôle des banques à créer de la monnaie, voir l’interdiction pure et simple. Notez, que si les banques ne pouvaient plus prêter d’argent, des systèmes de microcrédit comme kiva ou elveos le pourront toujours.

Publié par Nathanaël Martel

Développeur Web, défenseur de la culture libre et du revenu de base

4 réponses sur « Un impôt juste… »

  1. «prélevé» et «pause» >_<

    Sinon, le plus simple est de le voir comme ça:

    La création monétaire devient le revenu universel et la TVA sert seulement à la déflation en faisant sortir de l'argent lors de son utilisation.

  2. Franchement, je pense que le système fiscal actuel prend déjà en compte les moyens de chaque ménage pour les taxer. Le système est basé sur le recherche d’une certaine justice par l’impôt.

    1. En effet Vanessa, beaucoup de choses sont prises en compte. Mais que faire face au sentiment d’injustice de l’impôt ?

      En essayant de prendre les situations de chacun en compte, nous complexifions l’impôt, en le complexifiant nous le rendons moins compréhensible des personnes ayant le moins fait d’études. Ces dernières peuvent alors avoir un sentiment d’injustice que nous ne pouvons combler avec plus de complexité.

      En fait la question n’est pas de savoir si ce que notre systèmes est bien, mais si nous pouvons faire mieux… et comment ?

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