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Réflexion Revenu de Base

La motivation au travail

Quand on expose le principe du revenu de base, une des questions qui revient souvent est le problème de la motivation au travail.

Cette question ne devrait pourtant pas se poser, car elle est indécente sur le point historique et sur la réalité du monde qui nous entoure. En fait, c’est plus le problème de la valeur du travail qu’il faut se poser.

« Ils ne voudrons plus travailler ! » C’est l’argument des états du sud des États Unis en 1860 alors qu’Abraham Lincoln voulait abolir l’esclavage. Vous l’aurez compris, si la motivation au travail est un problème pour vous à la fin de la lecture de cet article, alors vous pouvez vous considérer comme un esclavagiste. Le fait d’obliger les gens à travailler pour pouvoir vivre (se nourrir, se loger…) est déjà une forme d’esclavage.

D’ailleurs comment pouvons nous faire valoir cet argument alors que de nombreux travaux non salarié sont réalisés : parents au foyer, bénévoles dans des associations, contributeurs de logicielle libre… Même la motivation des personnes en profession libérale, des chefs d’entreprise et de leurs associés, est très différente de celle des employés salariés.

Et qu’en est-il de l’activité des retraités et autres rentiers, ne fournit-elle pas un travail util à la société ?

C’est un problème de valeur : la valeur du travail

Prenez une tâche :  vous prétendez qu’elle doit être réalisée. La première question à se poser est : « en vaut-elle vraiment la peine ?« . En effet peut-être n’est-il pas moral de vendre cette arme ; peut-être n’est ce pas prudent de concevoir cette centrale si puissante et si dangereuse ?

A partir du moment où une tâche en vaut la peine, plusieurs possibilité s’offrent à vous : « Puis-je le faire moi même ?« . En effet, pourquoi employer des gens à ramasser les ordures sur les trottoirs si je peux moi-même ramasser ce mouchoir que j’ai fait tomber ou ce mégot qu’un passant à malencontreusement laissé par terre ? Bon nombre de micro-tâche de ce genre peuvent être réalisées par nous-mêmes parce que nous pouvons le faire et parce que nous avons réalisé que c’était important.

Ensuite, pouvons nous « rationaliser » cette tâche ? C’est- à-dire trouver une solution pour qu’elle ne demande que peu d’effort, qu’elle ne soit pas pénible… à la limite qu’elle soit automatisée pour être réalisable par un robot. Cela nous permet de alléger d’un maximum de travail.

Reste le cas où nous ne pouvons pas le faire nous-mêmes et où nous ne pouvons pas l’automatiser. Il faut pourtant le faire puisque nous avons dis que ça en valait la peine, que c’était important. Il ne reste alors pas d’autre possibilité que de confier le travail à quelqu’un d’autre, en sachant que si c’est important pour vous, ce ne l’est pas nécessaire pour lui et qu’il va donc falloir le dédommager à sa juste valeur, valeur définie pas l’importance que vous donnez à la tâche que vous ne pouvez pas faire vous-même, ni automatiquement. Bref, soit vous acceptez son prix, soit vous renoncez à dire que la tâche est importante ou vous la faites vous-même.

On peut remarquer que cette démarche s’applique déjà, ce que le revenu de base apporte, c’est l’équilibrage de la négociation : un fabriquant d’arme pourra très bien dire « non, je trouve ce travail immoral »  or qu’aujourd’hui il dirait plutôt « de toute façon j’ai besoin d’un salaire pour vivre ». La négociation se fait donc à égalité.

Par Nathanaël Martel

Développeur Web, défenseur de la culture libre et du revenu de base

5 réponses sur « La motivation au travail »

Reste le cas où nous ne pouvons pas le faire nous-mêmes et où nous ne pouvons pas l’automatiser. […] Il ne reste alors pas d’autre possibilité que de confier le travail à quelqu’un d’autre

Non, il reste une possibilité avant d’envisager cette option : se regrouper avec d’autres personnes qui, elles aussi, pensent que cela en vaut la peine.

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