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Réflexion Technologie

Internet est-il révolutionaire ?

L’histoire nous montre que certaines évolutions techniques ont radicalement changé les habitudes. Petit rappel :

Des Révolutions et des Techniques

l’alphabet et les scribes égyptiens

L’écriture n’est alors pas récente, mais elle est réservée, de part sa complexité, à une élite : les scribes. La société entière est dépendante de ceux-ci (comptabilité, histoire, science, propriété… ) et ils ont alors un pouvoir prédominant.

On est dans un système de communication où seul quelques uns peuvent communiquer.

Et puis un jour, les grecs ont créé un alpha-b simple, pouvant être appris par tous, permettant à tous de lire et d’écrire. Les grecs, forts de leur nouvel outils ont envahi une bonne partie du monde connu et ont écrasé les égyptiens. On retiendra surtout des progrès incontestables en matière de démocratie.

Cet outil (l’écriture) a des limites de diffusion : peu de gens étaient en fait informés et donc n’avaient de raison de s’exprimer. Expressions qui n’aurait d’ailleurs pas atteint  grand monde.

On est dans un système de communication, où tout le monde peut communiquer avec tout le monde mais avec une personne à la fois.

l’imprimerie de Gutenberg, la radio et la télévision

Et puis un jour, on améliore le système d’écriture – en mettant du plomb dans les imprimeries – permettant ainsi de multiplier des copies à l’infinie et donc de communiquer à plus de personnes d’un coup. La radio et la télévision ne sont que des déclinaisons de ce principe. Cela a généré la Réforme, la Révolution française, l’indépendance des États Unis… et probablement d’autres conflits, mais retenons surtout les progrès incontestables en matière de démocratie.

On est alors dans un système de communication où quelques personnes peuvent communiquer à sens unique vers beaucoup de personnes : de la diffusion de masse.

Aujourd’hui l’outil est très bien compris des hommes au pouvoir, car il permet d’atteindre une grande partie de la population facilement et sans droit de réponse. Notez les déséquilibres :

  • quelques personnes peuvent diffuser un message à tous
  • la diffusion est à sens unique

En fait nous avons l’outil idéal de propagande.

L’informatique est arrivée par là, et nous avons voulu reproduire les mêmes choses, ce qui a donné le minitel. C’était sans compter sur quelques informaticiens qui créèrent Internet.

Communication à double sens

Internet est un système de communication qui permet à tous de communiquer à double sens avec tout le monde. Là où l’imprimerie, la radio et la télévision étaient des média de diffusion de masse, Internet est un média de communication de masse. Sa caractéristique a centrée, permet à tout le monde de s’exprimer.

Qu’est-ce que ça change ?

Ça change que nous avons plus de sources d’information, et que nous ne subissons pas une propagande (encore faut-il vouloir éteindre sa télévision). Souvenez-vous du referendum sur la constitution Européenne : Internet a permis une réflexion plus profonde que ce que les médias nous vendaient.

Ça change que vous avez la possibilité de dire ce qui est faux dans ce que l’on vous dit et par ailleurs : vous avez un droit de réponse.

Ça change  que les dirigeants ne peuvent plus se contenter de favoriser les 1% de personnes centrales (banquiers, média, pouvoir, grand patron), ils doivent s’occuper de tous car nous pouvons à tout moment nous organiser pour faire entendre notre voix. Regarder la Tunisie, l’Égypte, la Libye… et ce n’est probablement pas fini.

La démocratie va y gagner, je n’en doute pas. En revanche le sang va couler (il a déjà coulé dans le monde Arabe) car ceux qui ont le pouvoir ne veulent pas lâcher leurs avantages qu’ils placent avant l’intérêt général.

C’était le sujet d’une Publicité pour club Internet en 1998, la version original sur le site de l’INA, et ensuite une version spéciale après le vote de la loi HADOPI :


[FR] HADOPI : Big Brother is coming to get you ! par germainpinpin

Protégeons Internet.

Par Nathanaël Martel

Développeur Web, défenseur de la culture libre et du revenu de base