le droit de vivre

Vous vous souvenez sûrement d’un des grands arguments (le seul en fait) de Frédéric Mitterrand :

“Les artistes doivent pouvoir vivre de leur travail”

Au premier abord, cet argument est implacable (et qui pousse certains à proposer une licence globale) et cette phrase me turlupine depuis, et ce pour plusieurs raisons :

Vous avez dit les “artistes”

D’abord, pourquoi seulement les artistes ? Les autres n’ont-ils pas le droit de vivre de leur travail ?

Qu’est ce qu’un artiste ? En effet, où se situe la frontière entre un artiste et un “non artiste”. à cela ajoutez que l’affirmation est irresponsable, car elle dresse les premiers contre les seconds.

Tenons-nous en à la définition d’artiste :

Un artiste est un individu faisant (une) œuvre, cultivant ou maîtrisant un art, un savoir, une technique, et dont on remarque entre autre, la créativité, la poésie, l’originalité de sa production, de ses actes, de ses gestes. Ses œuvres sont source d’émotions, de sentiments, de réflexions, de spiritualité ou de transcendances.
source : wikipedia

Bon, franchement je suis rassuré : j’imagine que tout le monde se sent concerné par cette définition ! Évidement le ministre de la culture ne pensait vraisemblablement qu’à ceux qui en font un commerce – voir même les quelques uns sélectionnés par quelques individus au sein des “majors”…

Enfin bref, nous sommes 66 000 000 artistes qui devons pouvoir vivre de notre travail.

Et la possibilité de “vivre de son travail”

Petit raisonnement par l’absurde : pas de travail, pas de possibilité de vivre.

Relisez la phrase précédente. Le ministre est en train de nous dire que sans travail point de salut !

En rédigeant cet article, je me rends compte qu’il n’y a absolument aucun lien entre la vie et le travail. D’ailleurs, on en a fait des questions existentielles : “Faut-il travailler pour vivre ou vivre pour travailler ?”

Le travail d’abord, il n’est pas garanti pour tout le monde. D’ailleurs, on invente des machines pour supprimer le travail humain : regardez les moissons il y a 100 ans et aujourd’hui !

Vivre ensuite est un état (non choisi par l’intéressé) que l’on ne refuse même plus aux criminels… à moins que le fait de ne pas travailler soit pire que d’être un criminel ?

La déclaration universelle des droits de l’homme, nous guide dans la compréhension de la vie :

Tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sûreté de sa personne.
Article 3 de la déclaration universelle des droits de l’homme

et plus précisément :

Toute personne a droit à un niveau de vie suffisant pour assurer sa santé, son bien-être et ceux de sa famille, notamment pour l’alimentation, l’habillement, le logement, les soins médicaux ainsi que pour les services sociaux nécessaires ; elle a droit à la sécurité en cas de chômage, de maladie, d’invalidité, de veuvage, de vieillesse ou dans les autres cas de perte de ses moyens de subsistance par suite de circonstances indépendantes de sa volonté.
Article 25 de la déclaration universelle des droits de l’homme

Notez que le mot travail n’est pas cité.

La vie est bien plus liée au revenu qu’au travail, d’ailleurs le travail n’apporte pas toujours de revenu et il arrive également que le revenu ne provienne pas du travail.

Il est important de distinguer le travail et le revenu

Le revenu est indispensable à la vie, pas seulement la vie des artistes, mais de tous. Le travail n’est pas garanti et ne rapporte pas toujours de revenu. Il est important de remettre cela en ordre et de réaffirmer : Nous avons le droit de vivre !

Ce droit peut être mise en place grâce au revenu de base.

Publié par

Nathanaël Martel

Développeur Web, défenseur de la culture libre et du revenu de base

5 réflexions au sujet de « le droit de vivre »

  1. Tout à fait d’accord. Le revenu doit être (au moins en partie) décorrélé de l’emploi.

    Juste une petite coquille :
    s/une état/un état/

  2. Merci ®om pour le lien vers cet article depuis Identi.ca. 😉
    En effet, le revenu, le travail, l’emploi sont des notions qu’il faudra bien redéfinir au plus tôt, ne serait-ce que pour qu’on arrête de stigmatiser les RSAstes dont le travail qui leur est déjà demandé est de trouver ou créer un emploi.

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