Internet supprime les intermédiaires

C’est le grand problème d’internet, mais c’est aussi une bonne nouvelle dans le cas particulier de l’édition : l’édition transformée par le financement participatif.

Notez que la souscription n’est pas une nouvelle méthode de financement, elle existait bien avant Internet. En revanche Internet facilite la mise en relation du publique (des lecteurs) et des auteurs (les artistes). Cela permet d’augmenter considérablement le nombre de souscripteur qui vont donc pouvoir payer beaucoup moins. De là a parler, littéralement, de financement par la foule :  «crowdfunding» !

Il est important aussi de voir que l’éditeur a un pouvoir : celui d’accepter ou non d’éditer le livre. Internet remet en cause ce pouvoir : ce n’est plus quelques personnes qui décident si oui ou non l’artiste peut s’exprimer, c’est les lecteurs, dans leur relations avec l’artiste qui ont cette possibilité.

Il serait alors intéressant de voir qu’elle artistes arrivent à être éditer par ce système. Certainement ceux qui ont un contact direct avec leur publique, qui ont déjà une communauté de lecteurs obtenus vraisemblablement en diffusant une partie de leur œuvre avant de faire un livre. Là encore, Internet permet d’accéder facilement au publique.

L’exemple de «commit strip»

À l’origine, il s’agit d’un simple blog de dessinateur commencé en février 2012. Le principe est simple, chaque jour une planche est publié.

Durant 1 an et demis ils vont évolués, définir un style, des personnages… mais surtout : satisfaire une communauté de fan.

En septembre 2013 ils décident de faire un livre et opte pour un financement participatif. Le succès est immédiat, la communauté de fan se précipite et le projet est financé en quelques heures à peine. Il finira par obtenir près de 20 000 € au lieu des 3 000 € attendu.

Tout les projets de crowdfunding ne connaissent pas ce succès. Je peux vous citer par exemple ce projet de film documentaire pour le revenu de base qui peine à trouver son budget.

Ceci dit les outils sont là pour que l’œuvre atteigne son public.

La mort des éditeurs ?

Pas si sûr. Le métier est évidement considérablement remis en cause par l’arrivé d’Internet. Il y a sûrement eu des abus de la part d’éditeurs. Mais comme tous domaines en constante évolution il doit savoir s’adapter et se ré-inventer pour montrer sa valeur ajouté. En particulier, l’éditeur devra assurer la diffusion et la promotion de l’œuvre, surtout si l’auteur n’a pas de communauté de fan, ou ne veut pas s’en charger lui même.

Et le droit d’auteur dans tout ça

Grâce à la souscription, les auteurs ont l’assurance d’être payé, les frais de production et de diffusion également… il n’y a plus lieu d’utiliser le monopôle du droit d’auteur pour tenter de rentabiliser l’œuvre puisqu’elle est rentabilisé ! Voir l’article de Lionel Maurel (Calimaq) à ce sujet : Crowdfunding sans licences libres = piège à gogos ?

Il conviendra donc de mettre l’œuvre ainsi financé sous licence libre afin que celle-ci soit diffusé largement sans pour autant abandonner la paternité. Par exemple, une licence «CC BY SA» (creative common, attribution, partage avec la même licence), fera l’affaire.

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Les Secrets de la Monnaie – Gérard Foucher

Voici quelques temps que j’ai terminé de lire un ouvrage assez incroyable de Gérard Foucher : «Les Secrets de la Monnaie»

L’auteur nous explique en détail le fonctionnement de la monnaie, son utilité et ses défauts. Ainsi, il décrit comment la monnaie profite aux banques au détriment des états, des entreprises et des individus en prenant bien garde de ne jamais glisser vers la théorie du complot.

Si l’intérêt d’avoir une monnaie est assez facile à comprendre, les défauts sont beaucoup plus complexes à analyser et nous sommes aveuglés par des croyances distillées dans nos écoles et nos médias.

L’ouvrage de Gérard Foucher nous libère de nos croyances et nous permet d’appréhender la monnaie d’une manière plus sereine.

La monnaie est un bon Serviteur et un mauvais Maître.

Au delà de l’analyse, l’ouvrage propose et critique différentes solutions, dont le dividende universel.

D’un côté la monnaie est un bien réel, une marchandise qui a une valeur d’usage en elle-même, c’est une matière, elle a tendance à se dégrader avec le temps, on doit la stocker physiquement, elle ne peut exister qu’à un seul endroit à la fois.

De l’autre, la monnaie est un ensemble de chiffres qui ne peut servir à rien en dehors de l’échange, qui n’a pas d’existence physique, qui est inaltérable, qui se conserve sans coût et qui peut être multiplié à l’infini.

Ces deux concepts sont assez différents pour qu’on puisse accepter de ne pas les confondre.

Gérard Foucher

Petite anecdote, j’ai acheté ce livre magnifique dans une monnaie improbable : «monnaie M». Cette monnaie totalement virtuelle, distribuée sous forme de dividende universel, permet de vendre et d’acheter tout ce que l’on peut imaginer.

CouvertureSecrets10.4_1ereCouvAvecCadre_1000px3-199x300Alors que nous sommes en pleine crise monétaire, ce livre est une bouffée d’oxygène pour ne pas accuser nos semblables de tous nos maux : de la même manière que Martin Luther King a expliqué que le problème des noirs aux États Unis n’était pas les blancs, mais un ensemble sociétale, de tradition et de culture conduisant à la ségrégation et à l’appauvrissement des noirs ; les problèmes liés à la monnaie ne sont pas dus aux banquiers ou aux politiques mais plutôt au système dans sa globalité.

Si la lecture vous rebute, vous pouvez opter pour la conférence gesticulé par l’auteur lui même.

Les secrets de la monnaie

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Histoire de monnaie

Une journée maussade dans un petit bourg humide au fin fond de l’Irlande.
Il tombe une pluie battante et les rues sont désertes. Les temps sont durs, le pays est très endetté, tout le monde vit à crédit.
Arrive un touriste allemand, riche. Il arrête sa belle grosse voiture devant le seul hôtel de la ville et il entre.
Il pose un billet de 200 Euros sur le comptoir et demande à voir les chambres disponibles afin d’en choisir une pour la nuit.
Pour 200 Euros, le propriétaire de l’établissement lui donne toutes les clés et lui dit de choisir celle qui lui plaira.
Dès que le touriste a disparu dans l’escalier, l’hôtelier prend le billet de 200 Euros, file chez le boucher voisin et règle la dette qu’il a envers celui-ci.
Le boucher se rend immédiatement chez l’éleveur de porcs à qui il doit 200 Euros et rembourse sa dette.
L’éleveur à son tour s’empresse de régler sa facture à la coopérative agricole où il se ravitaille en aliments pour le bétail.
Le directeur de la coopérative se précipite au pub régler son ardoise.
Le barman glisse le billet à la prostituée qui lui fournit ses services à crédit déjà depuis un moment.
La fille, qui occupe à crédit les chambres de l’hôtel avec ses clients, court acquitter sa facture chez notre hôtelier qui pose le billet sur le comptoir, là où le touriste l’avait posé auparavant.
Le touriste Allemand descend l’escalier, annonce qu’il ne trouve pas les chambres à son goût, ramasse son billet et s’en va.
Personne n’a rien produit, personne n’a rien gagné, mais plus personne n’est endetté et le futur semble beaucoup plus prometteur.

C’est ainsi que fonctionnent les plans de sauvetages au profit des pays de l’Europe en difficulté !

Pour aller plus loin :

Si cette petite comptine vous intrigue, je vous recommande la lecture du livre de Gérard Foucher «les Secrets de la Monnaie» ou sa conférence gesticulé (2 heures).

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