Obtenir le Consensus

Prendre une décision est un processus long est difficile et souvent pour simplifier les choses nous laissons une personne décider, ou bien nous nous contentons d’une majorité autour d’une opinion, quitte à nous opposer violemment aux autres au risque d’animer les rancœurs.

Pourquoi faut-il chercher à obtenir le consensus ?

Dans une prise de décision, quelque soit son niveau, si les personnes concernées n’ont pas eu leur mot à dire, elles seront tentées de refuser la décision. Pire encore, ce seront les premières à critiquer dès la première difficulté rencontrée, au lieu de chercher une solution.

Pour faire la paix avec un ennemi, on doit travailler avec cet ennemi, et cet ennemi devient votre associé.

Nelson Mandela

L’intérêt d’obtenir le consensus est de vouloir vivre ensemble sans que certains imposent leur volonté aux autres, ce qui est nécessairement injuste. N’est ce pas un sentiment d’humiliation que de se voir imposer une décision ?

En fait, obtenir le consensus, c’est former une société.

Comment obtenir le consensus ?

Face à une question ou un problème, nous avons chacun un regard différent en fonction de notre mode de vie et de notre histoire propre. Nous ne voyons pas le problème de la même façon et si cela est parfois considéré comme une difficulté, c’est en faite une chance, car avec nos différences nous percevons mieux la complexité du problème.

Pour peu que le coordinateur du développement dispose d’un moyen de communication au moins aussi bon que l’Internet, et pour peu qu’il sache comment mener ses troupes sans coercition, il est inévitable qu’il y ait plus de choses dans plusieurs têtes que dans une seule.

Eric S. Raymond — La cathédrale et le bazard

Ainsi, l’essentiel va être d’écouter et de comprendre les points de vue de chacun pour trouver une solution qui prend en compte ces diversités.

Parfois le consensus est rendu difficile car la décision va à l’encontre des intérêts d’une des parties. Il est intéressant de se demander alors si cette décision est vraiment nécessaire, si elle respecte ses libertés fondamentales.

Il est également important, de présenter la question que l’on cherche à résoudre comme un problème systémique ou un comportement problématique, et non de désigner un groupe de personnes comme étant «le problème».

J’ai cité Nelson Mandela plus haut, en gardant à l’esprit qu’il a maintenu un dialogue permanent avec Frederik de Klerk son prédécesseur faisant du problème de l’apartheid un problème national et non le problème des seuls blancs contre lesquels il faudrait partir en guerre.

Il en va de même avec Martin Luther King, qui n’a jamais accusé les blancs de racisme, mais a dénoncé un système d’inégalité sans droit civique. Il n’a pas lancé une guerre des noirs contre les blancs, mais réuni les citoyens sur les droits fondamentaux.

Une solution qui est attentive aux besoins de chacun obtiendra le consensus.

Et sinon, que faire ?

La plupart du temps, il vaut mieux ne rien faire. Cela laisse le choix se faire individuellement. Le fait d’avoir discuter du problème et d’avoir compris les problématiques des autres nous permet alors de ne pas porter de nuisance à l’autre et ainsi de respecter sa liberté.

Dans certains cas, assez rare, l’urgence et l’impossibilité de rester inactif impose de passer outre. On peut alors se contenter d’une majorité qui va alors imposer sa décision. Il est primordiale de laisser aux minorités les libertés fondamentales.

En démocratie, on n’a pas besoin de convaincre 100% des gens, on a besoin de convaincre un peu plus de 50% et de respecter les droits fondamentaux des autres.

Pierre Larrouturou

 

 

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les philosophes du nouveau monde

Nous nous souvenons tous de nos livres d’Histoire et les noms des personnes qui ont changé notre monde pour nous faire sortir du Moyen Age. Ceux que je retiens avant tout, ce sont ceux qui ont développé des idées ou qui ont contribué à les diffuser. Je pense à Rousseau, Diderot, mais aussi à Gutenberg où à Luther sans oublier les pères fondateurs et il y en aurait tant d’autres… Ils n’étaient pas parfaits, mais ont tout de même contribué à améliorer notre manière de vivre et notre façon de voir les choses.

Aujourd’hui le monde continue d’évoluer, la lecture de framablog (merci à Alexis Kaufmann) nous le rappelle jour après jour : « Le logiciel libre peut redonner sens à nos vies » Bernard Stiegler, Censure du Net et DRM ne seront jamais la solution répond ESR à Hollywood, Regarde le capitalisme tomber à l’ère de la production Open Source, Blackout de la Wikipédia en anglais pour protester contre SOPA le 18 janvier 2012, Cinglante et prémonitoire citation de David Bowie sur l’avenir de l’industrie musicale… Mais d’où nous viennent ces idées nouvelles ?

«L’imprimerie a permis au peuple de lire, Internet va lui permettre d’écrire » Benjamin Bayart.

Nous avions mémorisé le nom de Gutenberg, pourtant, ceux qui ont bâti Internet sont passés aux oubliettes : Bob Taylor, Lawrence G. Roberts, Vint Cerf, Bob Kahn, Tim Berners-Lee… ceux-là sont rentrés dans la légende.

Je me demande si Martin Luther King n’a pas sa place ici, comme l’homme pointant du doigt un système et non un individu isolé, de la même manière qu’internet met l’intelligence sur la périphérie.

Mais Internet ne fonctionnera pas sans logiciel, celui-ci était d’abord partagé librement avant que des intérêts économiques ne viennent monnayer ces échanges. Cela ne plut pas à Richard Stallman qui, en fondant le logiciel libre, théorisa le partage du logiciel et la liberté d’usage. Bien sûr ils sont suivis par beaucoup de monde : Eric Raymond auteur de «La Cathédrale et le Bazar», Linus Torvalds que l’on ne présente plus, Eben Moglen, Loyd Blankenship auteur du «Manifeste du hacker», Tristan Nitot…

Fort de ce travail sur la propriété et l’usage, Lawrence Lessig, décrit les limites du droit d’auteur et met en place les « creatives commons » : la culture libre est née.

Ensuite la porte était ouverte pour Jimmy Wales qui se lance dans le partage massif du savoir en lançant wikipédia. C’est le plein essor du P2P, mais pas de nom à retenir si ce n’est des noms de protocole : napster, Bittorrent…

Vint Cerf, Richard Stallman, Tim Berners-Lee, John Perry Barlow, Eric Raymond, Jimmy Wales, Linus Torvalds, Lawrence Lessig (source: wikipedia)

Vint Cerf, Richard Stallman, Tim Berners-Lee, John Perry Barlow, Eric Raymond, Jimmy Wales, Linus Torvalds, Lawrence Lessig (source: wikipedia)

C’est là que la guerre a éclaté. Les industries du cinéma et de la musique se sont senties attaquées et ont réagi : la neutralité du net a été mise à mal. Le mouvement s’est durci : la quadrature du net avec Philippe Aigrain, Jérémie Zimmermann, l’april (Frédéric Couchet), fdn (fournisseur d’accès Internet associatif) avec Benjamin Bayart, Electronic Frontier Foundation avec John Perry Barlow auteur de «Déclaration d’indépendance du cyberespace», le parti pirate avec Rickard Falkvinge et bien d’autres vont politiser le mouvement.

Dans cette guerre de l’information, on n’oubliera pas l’épisode WikiLeaks avec Julian Assange dont le site se voit censuré. La réaction du mouvement se conjugue différemment selon les fronts : Anonymous, révolution arabes (Slim Amamou), indignés (Stéphane Hessel), 99%…

Par ailleurs les idées se sont étendues à d’autres secteurs :

Voici par exemple ce que j’ai rapidement trouvé sur la Wikipédia anglophone (prendre une grande respiration) : Open Source Hardware, Open Format, Open Standard, Open Data, Open Access, Open Content, Open Education, Open Educational Resources, Open Textbooks, Open Source Governance, Open Source Political Campaign, Open Design, Open Source Car, un très étonnant Open Source Religion, Open Cola et, le meilleur pour la fin, Open Source Beer !

source : Open Source Ecology ou la communauté Amish 2.0

Tout cela n’est que le début de l’histoire du changement d’ère, le passage vers une société du partage et de la liberté.

Alexis Kaufmann, Frédéric Couchet, Benjamin Bayart, Tristan Nitot  (source: wikipedia)

Alexis Kaufmann, Frédéric Couchet, Benjamin Bayart, Tristan Nitot (source: wikipedia)

 

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justice, non-violence et tambour major

Trouver le point commun entre ces mots n’est pas évident, c’est pourtant quelques une des idées défendu par Martin Luther King dans ses discours et sermon. Si on a bien en tête le célèbre « Je fais un rêve« , on ne connais pas forcément plus en détail le personnage et le fond de sa pensé.

C’est ce à quoi tente de se répondre ce livre sans pour autant partir dans des théories non fondée, mais juste en suivant son parcours avec une dizaine de discours.

Je fais un rêve - Martin Luther King

Le procédé est donc très simple : juste les mots de Martin Luther King, mots qui permettent de comprendre le combat de sa vie.

Ainsi il commencer par expliquer ce qu’est la justice sociale et en quoi elle n’existe pas à son époque. Il insiste sur la nécessité de non violence car c’est la seule solution pour pouvoir vivre ensemble sans rancœur éternel. Vient ensuite cette vision d’espoir avec le « I have a dream ». Un de ces dernier discours évoque sa mort, sans crainte, confiant en l’avenir tel Moïse n’entrant pas en terre promise.

Le discours qui m’a le plus marqué et probablement celui du Tambour-major. Il y explique que nous avons tous en nous un instincts qui pousse à être le meilleur et  à nous mettre en avant. Si cela est indispensable pour se surpasser, cela peut être destructeur quand il s’agit de faire mieux que son voisin, d’avoir la plus grosse maison, ou la voiture la plus puissante. Il en conclue la nécessité de maitrisé cet instinct, en particulier en nous étant au service des autres.

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